L’excellence sans sulfites : Les vignerons de Buzet : coup d’œil sur la gamme SANS

Il y a une dizaine d’années, quand on cherchait un vin sans sulfites, non seulement le choix était très restreint, mais en plus on ne trouvait que des vins artisanaux produits par de petits producteurs, qui avaient des conceptions radicales sur l’agriculture (et sur beaucoup d’autres sujets).

En 2016, les choses ont changé, et ce n’est pas la cuvée « SANS sulfites ajoutés » ou « SANS » de la coopérative « Les Vignerons de Buzet », dans le sud-ouest de la France, qui nous contredira. Lancée avec le millésime 2012, cette cuvée se compose de trois vins à prix modiques (blanc, rouge, rosé).

Une coopérative avant-gardiste

IMG_20160413_202750S’il est vrai que les coopératives n’ont pas toujours très bonne réputation en raison des vins de qualité médiocre et des méthodes de production dépassées auxquelles on les associe, Buzet est un exemple éloquent de ce qu’une organisation dynamique peut faire. Entre autres innovations, la coopérative a réintroduit des plantes et oiseaux rares pour favoriser la biodiversité, tout en appliquant des méthodes de production respectueuses des abeilles et en réduisant de 50 % les niveaux de soufre. Elle n’a pas volé la série de récompenses récoltées pour son respect de l’environnement et sa durabilité.

Ne nous y trompons pas : forte d’environ 200 producteurs et de 1 870 hectares de vignes (4 621 acres), soit, pour être précis, 94 pour cent de la surface de production de l’appellation Buzet, cette coopérative est un poids lourd. Buzet est l’une des appellations des vins du Sud-Ouest, qui sont, géographiquement et historiquement, dans l’ombre des Bordeaux (les autres sont les Bergerac et Gaillac). Les Bordeaux produits dans la région sont des vins d’assemblage caractérisés par un bon rapport qualité-prix (rouges et blancs).

Comme la plupart des coopératives, Les Vignerons produisent une telle quantité de marques et d’étiquettes différentes que bien des gens ne sont probablement pas conscients d’avoir déjà consommé certaines de leurs bouteilles. Pour les cuvées SANS, ils ont imaginé des étiquettes minimalistes, dépourvues d’indications géographiques, à part de l’inscription AOP (Appellation d’origine protégée).

Que valent les SANS ?

À la dégustation, j’ai constaté que le rouge (Cabernet Sauvignon, Merlot et Cabernet Franc) se démarque très nettement : brillant, notes envoûtantes de cassis, doux mais sans excès ni trop sucré, mûr mais sans forcer le trait. Si vous avez déjà dégusté plusieurs vins sans ou à faible taux de sulfites, vous avez probablement remarqué les notes douces, aromatiques au nez, charnues qui, à mon avis, sont dues à l’absence de soufre. Loin d’être une critique, il s’agit au contraire d’une sympathique carte de visite « sans » (c’est-à-dire « sans sulfites »). J’ai particulièrement apprécié ce vin frais. L’étiquette signale que le vin ne se conserve pas après ouverture ; ayant ignoré cet avertissement, j’ai néanmoins constaté qu’après plusieurs jours au réfrigérateur il avait parfaitement conservé ses qualités.

Le blanc SANS, un mélange des cépages Sauvignon/Sémillon, a des caractéristiques semblables à celles du rouge : jeune et frais en bouche. Avec un goût fruité de pomme mûre et une finale de noisette sèche. La fermentation malolactique (secondaire) de ce vin lui confère une texture généreuse, qui emplit la bouche.

Le rosé, issu du cépage Merlot 100 pour cent, s’il est d’une grande finesse, m’a paru manquer de saveur après avoir dégusté d’autres vins de la gamme. La fiche mentionne que ce vin fait aussi l’objet d’une fermentation malolactique, ce qui est inhabituel pour un rosé et explique peut-être pourquoi j’ai trouvé qu’il manquait de fraîcheur de bouche.

Quiconque est à la recherche du caractère et des particularités des vins naturels passera son chemin. Outre l’absence de sulfites ajoutés, ces vins sont produits de manière traditionnelle, avec des levures et des procédés de filtration et de collage. Cela dit, ils ne semblent pas avoir fait l’objet de trop de manipulations. Il s’agit de vins honnêtes à déguster à des occasions sans prétention.

Les Vignerons m’ont dit que la gamme a été introduite « pour satisfaire la demande croissante des consommateurs de vins d’aujourd’hui » ; autrement dit, il s’agit d’un marché attirant probablement des consommateurs soucieux de leur santé et souhaitant éviter les niveaux de sulfites qui provoquent maux de tête et allergies. Certifiés végétaliens et végétariens, ces vins font appel à la protéine de pois comme agent de clarification.

Pour renforcer leur image respectueuse de l’environnement, Les Vignerons ont choisi le bouchon Nomacorc Select Bio. En réalité, si ces vins sont recommandés à tous les consommateurs soucieux de préserver l’environnement, ils le sont aussi à tous les vrais amateurs de vin. Ils présentent un rapport qualité-prix exceptionnel.

À propos de l'auteur

Spécialiste des vins organiques, biodynamiques et naturels, Simon Woolf est un journaliste primé, spécialisé dans le vin, basé à Amsterdam, qui tient un blog The Morning Claret.

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